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 Ted Bundy

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Manon...Gray Gubler??
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MessageSujet: Re: Ted Bundy   Jeu 27 Déc - 14:47

Merci pour les vidéos! Je les regarderais quand j'aurais le temps! Razz

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Morgan: (mimicking Lila after she shares Reid's drink) 'You don't mind sharing with me, do ya?'
Reid: Shut up. (turns and walks away)
Morgan: Go get 'em, lover.
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KarelleAlisha Alba
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MessageSujet: Re: Ted Bundy   Mar 5 Aoû - 23:19

Nom : Theodore Robert Cowell, puis Theodore Nelson, puis Theodore Bundy
Surnom : "Ted", "Lady Killer" (Le tueur de femmes)
Né le : 24 novembre 1946, à Burlington (Vermont), près de Philadelphie - Etats-Unis.
Mort le : 24 janvier 1989 (executé sur la chaise électrique) au pénitencier de Starke, en Floride.

Sans doute le plus connu des tueurs en série (avec Jack l’Éventreur). Le plus surprenant aussi. Séduisant, intelligent, sympathique, beau parleur, ayant travaillé pour une commission criminelle et les services de planification du ministère de la Justice, investi dans la campagne d’un candidat républicain, sympathisant des mormons... Bundy avait encore moins que tous les autres "la tête de l’emploi". Il fut pourtant l’un des tueurs en série les plus immondes et les plus sadiques des États-Unis, tuant et violant des jeunes femmes à travers tout le pays.

Informations personnelles

La mère de Bundy, Eleanor Cowell, modeste employée dans un magasin, passa les derniers mois de sa grossesse dans une " maison pour mères non mariées " du Vermont. Elle avait 22 ans mais ses parents, très croyants, voulaient éviter le scandale, les critiques et les ennuis liés à la naissance d’un "bâtard". À l’époque, il était inconcevable pour une " fille bien " d’avoir un enfant sans être mariée.
Bundy naquit donc Theodore Robert Cowell en 1946. Ted Bundy ne connut jamais son véritable père. Eleanor Cowell expliqua par la suite qu’il se nommait Lloyd Marshall et était vétéran de l’Air Force. Certains membres de la famille Cowell ont exprimé des doutes sur l’existence de ce Marshall et ont pointé le doigt vers le père d’Eleanor, Samuel Cowell, un homme violent et peut-être névrosé.

Peu après la naissance de Ted, sa mère et lui revinrent chez les parents d’Eleanor, à Philadelphie, qui se firent passer pour les parents du petit garçon. Ce dernier grandit en pensant que sa mère était en fait sa grande sœur.
Il n’était pas franchement différent des autres enfants. Sa tante Julia (l’une de deux sœurs d’Eleanor) se souvint plus tard qu’une fois, il avait mis des couteaux sous les draps, à l’âge de 5 ans, mais ne put dire si c’était par méchanceté ou par jeu. Bundy croyait au Père Noël, n’aimait pas les épinards et avait peur des monstres sous son lit.

Quand Ted eut 4 ans, il déménagea à Tacoma, dans l’état du Washington, où sa mère s’installa chez un oncle. Ils changèrent légalement de nom. Ted devint Theodore Robert Nelson et sa mère devint Louise Nelson.


Ted détesta Tacoma. Après la grande ville de Philadelphie, la petite localité de Tacoma semblait uniforme et grossière, un mélange d’affreux bâtiments gris ou bruns sortant des eaux glaciales de Puget Sound (un détroit partagé entre le Canada et les États-Unis). Il finit par surmonter ce dégoût initial, mais ne se départit jamais d’un dédain arrogant pour tout ce qu’il considérait comme "quelconque".
L’oncle de Louise, Jack, n’avait que quelques années de plus qu’elle et Bundy l’appela toujours "oncle Jack". Il était professeur de musique à l’université de Tacoma, c’était un homme intelligent et raffiné. Bundy aimait qu’il joue du piano, il lui semblait si cultivé et si particulier. Il décida qu’il allait devenir un homme comme son oncle.

Un an après leur arrivée à Tacoma, Louise Cowell épousa un cuisinier de l’armée nommé John Bundy et Ted prit le nom de son "beau-père / beau-frère". L’accent du sud de John Bundy le faisait paraître un peu "balourd", il était illettré et menait une vie simple : Ted Bundy ne l’apprécia jamais. C’était pourtant un brave homme qui travaillait à l’administration de l’hôpital des vétérans de Tacoma.
John Bundy essaya d’élever Ted comme son propre fils. Il l’emmena en camping, à la pêche et à toutes les activités qui pourraient, pensait-il, les rapprocher. Sans succès.
Le seul homme pour qui Ted avait du respect, à part son oncle Jack, était son "grand-père / père" de Philadelphie, pourtant violent et très autoritaire. Il avait eu de la peine lorsqu’il avait dû le quitter pour déménager à Tacoma, un endroit où il ne connaissait personne. La présence de John Bundy irritait le jeune Ted. Très attaché à sa "sœur - mère", il était jaloux de John Bundy et craignait qu’il ne trouble son monde encore plus qu’il ne l’était.

Vers sept ou huit ans, pour échapper au malaise qu’il ressentait, il se mit à rêver, à imaginer qu’un couple de cow-boys de télévision, Roy Rogers et Dale Evans, allaient l’adopter et lui offrir un poney et tout ce qu’il voudrait...
Son premier geste de défi envers John Bundy fut passif : une famille noire allait arriver dans le quartier, totalement blanc, et les gens craignaient que la valeur de leur habitation ne baisse. Ted savait que John Bundy en était particulièrement inquiet. Ainsi, lorsque la famille noire arriva, par bravade, il alla les saluer. Il devint rapidement ami avec l’un des enfants. Pour lui, cette maison était "chaleureuse et douce". Il adorait venir lorsque la mère faisait la cuisine, car les marmites exhalaient alors des odeurs qu’il trouvait "exotiques".
Chez lui, Ted Bundy avait l’impression qu’il lui manquait quelque chose. Il était jaloux de son cousin John, le fils du si parfait "oncle Jack" et méprisait le statut modeste de sa propre famille. Il avait honte d’être vu dans la vieille voiture de John Bundy. Il voulait toujours être habillé des plus beaux et des plus coûteux vêtements. Sa préoccupation pour les possessions matérielles s’intensifia avec l’âge.

Louise et John eurent quatre enfants dont Ted s’occupa souvent après l’école. A la naissance du 2ème enfant, ils déménagèrent dans une maison plus grande. Bundy se fit de nouveaux amis, avec qui il allait jouer après l’école. Un jour qu’ils jouaient à la guerre avec des bâtons en bois, l’un de ses amis le frappa sans le vouloir juste sous l’œil. Ted Bundy se jeta soudainement sur son ami et le frappa. Les autres garçons durent le tirer en arrière de toutes leurs forces pour le faire cesser. Cet événement resta dans la mémoire de Terry Storwick, le meilleur ami de Ted parce que, selon lui, Bundy "se détachait toujours des événements. Alors c’était quelque chose de le voir impliqué dans quelque chose. Lorsqu’il a reçu ce truc dans l’œil, il s’est impliqué".
Ted Bundy se bagarra aussi avec d’autres garçons. Chez les scouts, il jeta son assiette au visage d’un autre scout parce que celui-ci avait coupé un petit arbre. Un autre jour, il frappa un garçon par derrière avec un bâton, juste pour voir ce que ça lui ferait.

C’était Louise et non John qui s’occupa de l’éducation des enfants, mais elle ne leur parlait jamais de sujet vraiment personnel. Selon Bundy, elle ne lui parla jamais du sexe ni d’autres choses du même genre. Elle avait du mal à aborder les sujets intimes et personnels. Elle était assez renfermée. Elle ne parlait jamais de son enfance, excepté le fait qu’elle avait grandi dans la maison de ses "grands-parents" et qu’elle avait été excellente à l’école. Ted Bundy voulut être aussi bon qu’elle.

Adolescent, Bundy était très timide. On se moquait souvent de lui et il était le souffre-douleur de certains gamins au collège. Malgré les humiliations qu’il subit, il parvint à maintenir une bonne moyenne au collège puis au lycée. Personne ne se souvint qu’il soit sorti avec une fille à l’époque. Il était assez solitaire. Il aimait passer du temps à écouter les émissions de radio, le soir, et s’imaginait être le présentateur qui posait les questions et discutait avec les personnes qui appelaient.

En grandissant, il devenait un grand et beau jeune homme. Mais la maturité mentale, elle, ne venait pas, et ne viendrait jamais. Il était très narcissique et se considérait trop maigre pour entrer dans une équipe sportive. Il essaya néanmoins le basket-ball et le base-ball, mais ne parvint pas à briller au milieu des autres, ce qui le contraria beaucoup. Il se tourna alors vers les sports solitaires et découvrit qu’il adorait skier. Il parvint à obtenir un équipement de qualité (il l’avait en fait volé) et s’entraîna sérieusement.
Il allait à l’église tous les dimanches, était vice-président de l’Amicale des Jeunes Méthodistes et voulait devenir policier ou avocat. Il avait "un bel avenir devant lui".

C’est à peu près à cette époque que Bundy découvrit que sa "grande sœur" était en fait sa mère et que ses "parents" étaient en fait ses grands-parents. Ce fut pour lui un énorme choc. Il existe plusieurs versions de cet incident.
Bundy a expliqué qu’il fouillait dans les papiers de sa "sœur" lorsqu’il découvrit un certificat de naissance sur lequel "inconnu" était écrit en face de "nom du père". Il fut troublé mais décida que c’était l’occasion pour lui de se faire un nom et de devenir quelqu’un. Mais sa famille raconta l’événement de manière différente. Le cousin de Ted, le fils de l’oncle Jack, lui affirma qu’il était un enfant illégitime. Ted refusa d’abord de le croire mais le cousin lui présenta son certificat de naissance. Bundy ressenti beaucoup de colère envers sa mère (il pensait qu’elle l’avait humilié) mais l’exprima peu.
Quoi qu’il en soit, il en parla à l’un de ses meilleurs amis, qui lui répondit : "En fait, il m’a toujours semblé que tu avais été adopté ou quelque chose comme ça... Mais il y a des gens qui t’aiment maintenant. Ce n’est pas grave". Ce à quoi Bundy répondit que cela faisait une grande différence, pour lui. C’était très important. Il l’exprima amèrement : "Ce n’est pas toi qui es un bâtard”.

À la suite de cette découverte, l’attitude de Ted envers John Bundy se durcit et il se rebella. Il refusa de l’appeler "Papa" alors qu’il l’avait fait durant des années. Il commença à l’appeler "Père", puis "Johnnie". Étant plus intelligent que John, Ted se moquait ouvertement de lui et John Bundy finissait par le gifler.

Le premier signe de problèmes sérieux chez Ted Bundy fut un arrêt complet et soudain de son développement social. La plupart ne s’en rendirent pas compte, mais cela fut très douloureux pour lui. Ses amis semblaient avancer, s’améliorer, gagner en maturité, et pas lui. Ses amis proches le trouvaient pourtant intelligent et plein d’humour. Mais il n’avait pas assez confiance en lui pour en profiter. Lorsqu’il rencontrait des personnes qu’il ne connaissait pas, fille ou garçon, il se crispait et ne disait plus un mot. Les gens qui ne le connaissaient pas ne faisaient donc pas attention à lui et Bundy, adolescent sensible, le prit très mal.
De plus, le sexe le rendait perplexe. Lorsque ses amis parlaient des filles, Bundy écoutait sans comprendre.

Il ne se sentait à l’aise que lorsqu’il skiait ou en classe. Dans la salle de classe, il parlait devant tout le monde. Comme il s’exprimait bien et cultivait une image sérieuse pour cacher sa solitude, il était considéré comme un travailleur cultivé par les autres lycéens. Et pourtant, ses notes étaient plutôt bonnes, mais pas excellentes. Il obtint son bac avec une moyenne juste assez correcte pour être admis à l’université de Puget Sound.

Durant sa première année à l’université, il vécut encore chez sa mère et ne s’intégra pas à la vie sociale du campus. Il fut encore plus solitaire qu’au lycée, car ses amis n’étaient plus là. Il déclina la proposition qu’on lui fit de joindre une " fraternité " car il se sentait humilié en présence de "frères" confiants et énergiques. "Je ne me sentais pas assez adroit socialement. Je ne savais pas comment fonctionner avec ces gens. Je me sentais terriblement mal à l’aise". Il ne se fit pas de nouveaux amis. Il tenta, comme il l’avait fait au lycée, de prendre la parole en classe pour se faire remarquer, mais les cours à l’université avaient lieu dans de grands amphithéâtres et ne donnaient pas vraiment l’occasion de parler.

Puis un jour, il participa à une conférence sur la Chine et comprit immédiatement que ce domaine pourrait lui apporter l’attention des autres. Il ne réfléchit pas à la quantité de travail que ce sujet pourrait lui demander. Ted pensait que la langue chinoise était exotique et élégante.
A la rentrée suivante, il obtint son transfert à l’Université du Washington, à Seattle, dans le programme d’études asiatiques. Là encore, il ne se joignit à aucune fraternité mais prit une chambre en résidence universitaire. Il paya ses études grâce à un chapelet de "petits boulots" qu’il ne tint jamais bien longtemps. Certains de ses employeurs pensaient que l’on ne pouvait pas compter sur lui. Autant il manquait de sérieux pour ces "jobs d’étudiants", autant il se concentrait énormément sur ses études et fut capable d’obtenir de très bonnes notes. Comme il l’avait voulu, sa nouvelle spécialité le mit à part de la population estudiantine et le fit remarquer. Il plongea dans les arcanes des idéogrammes, réussit son année et se fit quelques nouveaux amis.
Il commença à fabriquer "le nouveau Ted" : érudit, intelligent, spirituel, sérieux, sage et... beau garçon.

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MessageSujet: Re: Ted Bundy   Mar 5 Aoû - 23:30

Informations personnelles (suite)

Durant l’été 1966, il rencontra une jeune femme du nom de Stephanie Brooks. Elle était belle, sophistiquée et venait d’une riche famille californienne. Bundy avait du mal à croire qu’une fille comme elle puisse s’intéresser à lui. Elle était d’une classe sociale que Bundy admirait et enviait. Elle savait ce qu’elle voulait. Elle était en fait tout ce qu’il avait toujours voulu devenir. Bundy la présenta à ses amis comme une possession.
Ils étaient fort différents l’un de l’autre, mais adoraient tous les deux skier et c’est durant leurs nombreuses ballades à ski qu’ils tombèrent amoureux l’un de l’autre. A 20 ans, Ted n’était pas plus sexuellement avancé qu’au lycée. Il ne fit pas d’avances à Stephanie, se contentant d’être charmant.
Stephanie Brooks fut le premier "grand amour" de Bundy. Ils passèrent beaucoup de temps ensemble, à se promener ou à dîner aux chandelles. Toutefois, Stephanie n’était pas aussi folle de Ted qu’il l’était d’elle. En fait, elle l’aimait beaucoup mais pensait qu’il manquait d’ambition. Elle voulait quelqu’un qui corresponde à son style de vie et elle ne pensait pas que Ted fut cette personne. Il essaya pourtant de l’impressionner, quitte à mentir, ce que Stephanie détestait.
Après son année à l’université d’état du Washington, il entra à la prestigieuse université de Stanford, en Californie, où il s’inscrivit dans un programme d’étude intensive de Chinois. Il le faisait surtout pour impressionner Stephanie, qui était resté à Seattle, mais ce fut une erreur. Il se retrouva encore plus seul qu’il ne l’avait été à l’Université de Puget Sound, car il n’avait même plus sa famille auprès de lui. Il avait le mal du pays et ses résultats s’en ressentirent. Il s’était fixé des standards de réussite calqués sur la vie de Stephanie Brooks et il ne pouvait pas les atteindre. Son immaturité fut mise à jour ; une expérience particulièrement douloureuse pour lui car il échouait ainsi dans le seul domaine - les études - qui avait toujours été son refuge.

Durant l’été 1967, Stephanie mit fin à leur relation. Elle avait compris que ce qu’elle avait pris pour de l’immaturité était en fait une grande puérilité. Elle s’était lassée de son attitude flagorneuse et de ses mensonges.
Bundy ne s’en remit jamais. Son monde s’écroulait.
Il ne parvint pas à comprendre ce qui lui était arrivé, pourquoi le masque qu’il avait utilisé l’avait fait échouer. Sa première tentative d’incursion dans le monde sophistiqué de Stephanie Brooks avait été un désastre. Bundy s’isola à nouveau, déprimé.
Il abandonna les études de chinois et, simplement parce que Stephanie avait dit un jour qu’elle admirait le rôle d’un architecte dans un film, il s’inscrivit à l’université de Washington, en architecture. Mais il n’y avait plus de place, alors il choisit la planification urbaine, mais échoua là aussi. Il tenta de se concentrer et de suivre les cours mais il s’ennuyait et avait l’esprit ailleurs. Il eut des notes exécrables et eut l’impression que l’ambiance de l’université lui était devenue hostile.
Rien ne sembla plus le passionner et il finit par abandonner l’université, complètement déprimé par sa rupture avec Stephanie.
Il parvint à rester en contact avec elle après qu’elle soit retournée en Californie, mais elle lui fit comprendre qu’elle n’avait pas l’intention de ressortir avec lui. Ted Bundy était obsédé par elle et ne parvint pas à la chasser de son esprit.

Il emprunta de l’argent et décida de voyager un peu. Il alla en Californie, à la station de ski d’Aspen dans le Colorado, et alla voir ses grands-parents à Philadelphie. Il revint à Seattle au printemps 1968, mais ne se sentit pas capable de reprendre ses études. Il trouva un appartement et un emploi de manutentionnaire.
Il rencontra un dénommé Richard, un petit voyou qui le fascina. A 21 ans, il n’avait jamais rencontré de voleur ni de drogué et Richard représentait pour lui la possibilité d’une excitation illicite.
Le vol, particulièrement dans les magasins, vint presque naturellement à Bundy. Le petit garçon en lui voulait des choses, des choses coûteuses, celles que les gens riches possèdent, et Bundy n’avait pas les inhibitions d’un adulte. De plus, le vol était pour lui une aventure, un jeu amusant et grisant.
Bundy n’était pas un voleur "classique". Il ne prenait pas d’argent ni d’objets pour les revendre. Son besoin de voler avait quelque chose d’impulsif, proche de la kleptomanie, et il avait du mal à s’en empêcher. Il ne fut pourtant jamais arrêté, fait surprenant lorsque l’on connaît le nombre de vol qu’il a commis, et la manière dont il procédait. En fait, il comptait sur l’anonymat. Lorsqu’il avait décidé qu’il voulait un objet, il mettait un beau costume et se coiffait, afin de paraître présentable et "oubliable", buvait 2 ou 3 bières pour faire disparaître les dernières traces de nervosité, puis allait dans le magasin. Il entrait dans un magasin, prenait ce qu’il voulait et s’en allait, tout simplement.
Plutôt que de les acheter, il vola une télévision, une chaîne hi-fi, des meubles, des instruments de cuisine, des vêtements et des objets d’art.

À la même époque, Bundy rencontra un ancien ami du lycée. Celui-ci lui proposa de travailler pour Art Fletcher, un conseiller municipal républicain qui avait l’intention de devenir gouverneur. D’autres amis travaillaient déjà pour lui. Bundy sauta sur l’occasion. Une partie de lui était un petit voleur solitaire, mais l’autre partie était un fervent Républicain : au lycée, il avait reçu un prix pour un discours prononcé lors d’une convention et à la fac, il avait déjà participé à la campagne d’un membre républicain du congrès. Il avait adoré ça. Il pouvait utiliser ses talents de beau parleur, être écouté et accepté, être invité à dîner ou à jouer au tennis, avoir accès à des gens d’une classe sociale "supérieure"...
Bundy abandonna son emploi de manutentionnaire et travailla à temps plein sur la campagne de Fletcher. Il dut se serrer la ceinture mais ne le regretta pas.
A cette époque, beaucoup de jeunes gens participaient au mouvement pour la paix au Vietnam. Bundy, au contraire, était très conservateur et totalement dévoué à l’Establishment. Il ne désirait pas s’aligner avec les étrangers, les expropriés ou les pauvres.
A l’automne, il fut nommé chauffeur officiel d’Art Fletcher. Une nuit, ils allèrent faire campagne à l’est de l’état et Bundy se saoula dans le bâtiment officiel du parti. Lorsqu’il buvait, c’était d’ailleurs souvent pour se saouler. On le ramena chez quelqu’un pour qu’il dorme, presque inconscient. Selon lui, la femme qui habitait cette maison lui enleva sa virginité ce soir-là, à 22 ans.

Art Flecher arriva second lors de l’élection de novembre et Bundy, à sa grande déception, dut revenir à la vie normale. Durant la campagne, il avait observé le comportement des gens et avait acquis machinalement les compétences sociales qu’il ne possédait pas naturellement. Il avait mûri et avait pris de l’assurance. Il prenait grand soin de son apparence et s’habillait avec de beaux vêtements qu’il avait volés.
Le masque prenait lentement forme. Bundy trouva un emploi dans un magasin de Seattle, où il avait volé sans que le propriétaire ne le sache. Il y apprit qu’il possédait un autre talent : il amenait facilement les femmes à lui parler et il pouvait leur vendre n’importe quoi.

Il vendit sa Coccinelle 1958 et partit pour Philadelphie, où il s’installa temporairement chez ses grands-parents.
Il s’inscrivit à l’université de Temple et obtint des résultats mitigés. Il ne termina jamais un diplôme en urbanisme et fut moyen au cours de théâtre. Par contre, il apprit bien des choses sur l’art de la comédie et du maquillage. Son visage devint tout à fait neutre, sans aucune caractéristique particulière. Tout comme la personnalité qu’il était en train de créer, son visage pouvait être tout ce qu’il voulait qu’il soit. Une moustache, une barbe, une coiffure différente, une perte ou un gain de poids, un détail pouvait totalement changer son apparence. Il pouvait être aussi anonyme qu’il le voulait.

Il revint à Seattle durant l’été 1969 et prit une chambre d’étudiant chez Ernst et Frieda Roger. Ces derniers l’apprécièrent immédiatement. Il était poli, sa chambre était toujours propre, il aidait Ernst à bricoler dans la maison et accompagnait Frieda au magasin. Pour eux, c’était un jeune homme adorable.
Leur maison était située non loin d’un bar à bière fréquenté par les étudiants. Une nuit, en septembre, Bundy y rencontra une jeune femme de 24 ans dénommée Meg Anders. Elle était secrétaire médicale et divorcée. Mignonne mais timide, ses amis l’avaient amenée là pour s’amuser un peu. Elle trouva Ted Bundy charmant.

Il se présenta comme un étudiant en droit et affirma qu’il travaillait sur un livre concernant le Vietnam. Elle ne le crut pas tout à fait, mais il était tellement séduisant et sûr de lui qu’elle le ramena chez elle avant la fin de la soirée. Mais comme ils avaient tous deux beaucoup bu, ils s’endormirent tout habillés. Le lendemain, la fille de Meg Anders les réveilla. Ted fut enchanté de la voir, mais Meg lui fit comprendre qu’elle préférait qu’il parte. Il le fit.

Il voulut la revoir presque immédiatement. Il l’idéalisa comme il l’avait fait avec Stephanie Brooks. Meg Anders avait subi un mariage et un divorce douloureux, et elle se méfiait des hommes. Elle était jalouse et les flirts de Ted avec d’autres femmes n’arrangèrent pas les choses. Ne connaissant rien à l’amour adulte et au respect, Bundy fit semblant d’être l’homme qu’elle voulait. Il créa le Bundy étudiant en droit qui écrivait un livre alors qu’en fait, il n’avait jamais réussi à terminer ses études. Comme un enfant, il ne pouvait prévoir les conséquences de ses mensonges, tout comme il ne comprenait pas que son comportement puéril lui avait coûté Stephanie Brooks.

Trois mois après avoir rencontré Meg Anders, ils commencèrent à parler mariage et en discutèrent avec des amis. Lorsqu’il ne fut plus capable de soutenir ses mensonges, Ted Bundy déclara à Meg qu’il était bien trop tôt pour se marier. Puis, il lui avoua qu’il lui avait menti. Elle lui pardonna.
Meg Anders voyait Bundy très souvent. Il venait chez elle, ils faisaient l’amour, partaient en excursion avec sa fille, allaient voir sa mère, se téléphonaient constamment... Et pourtant, elle ne parvenait pas à voir derrière le masque. Elle l’aimait vraiment, il l’aveuglait, elle rationalisait ses mensonges et répondait à ses cruautés par de la douceur.
On peut penser qu’il est improbable qu’une femme soit aveugle à ce point. Mais la mère de Bundy ne vit rien non plus, ni les responsables des magasins qu’il volait, ni ses nombreux amis républicains.

Ted Bundy avait de plus en plus de choses à cacher. Il avait acquis un énorme appétit pour la pornographie violente. Il se promenait dans son quartier, la nuit, pour regarder à travers les fenêtres des étudiantes et, parfois, voler des objets.
Il subissait également des dépressions cycliques. "Tout ce que je voulais, c’était rester là et passer le plus de temps possible à ne rien faire. Et pourtant, j’étais capable d’être réellement joyeux et amical, au moins pour une période de temps limité. Je suis devenu un expert pour projeter quelque chose de différent de ce que j’étais vraiment. Il y avait une grande part de ma vie que personne ne connaissait. Ca ne m’a pas demandé d’efforts, pas du tout".
Ted Bundy avoua à Meg qu’il n’avait pas sa licence en droit et elle lui donna de l’argent pour qu’il s’inscrive et reprenne ses études. Elle l’aida à se lancer dans une autre branche, la psychologie. Il s’y inscrivit "probablement comme une excroissance de ma confusion au sujet de moi-même". Durant le semestre d’été 1970 à l’université de Washington, il se plongea intensément dans ses études. Il eut de très bonnes notes et écrivit un article sur la schizophrénie qui lui valut les félicitations de ses professeurs. Il se sentait renaître.
La dépression disparut, mais il ne put s’empêcher de continuer à errer la nuit et à voler.
Il obtint un autre emploi dans le programme d’étude d’une "clinique de crise", notre "SOS détresse" (c’est là qu’il rencontra Ann Rule, une ex-flic qui allait par la suite écrire un livre sur lui). Une nuit par semaine, il prenait les appels de personnes suicidaires, solitaires ou démentes. Au moins une fois par mois, une personne téléphonait alors qu’elle avait déjà pris une dose mortelle de médicaments ou s’était coupé les veines. Bundy continuait à lui parler pour que le numéro puisse être repéré, jusqu’à ce que la police parvienne chez cette personne. Il était surtout sensible aux femmes. "J’avais les meilleurs résultats avec les femmes qui étaient seules ou avaient été abandonnées par leur mari ou leur copain. Je sentais qu’elles étaient vraiment blessées. Elles appelaient parce qu’elles étaient seules et avaient sincèrement besoin de quelqu’un".
Cela peut paraître innocent et même généreux de sa part, mais les experts pensent que c’est là que Bundy a développé le ton de voix calme, poli et rassurant qu’il allait par la suite utiliser pour attirer ses victimes dans ses filets.

Au printemps 1972, Bundy obtint son diplôme de psychologie. Il avait toutefois décidé qu’il voulait devenir... avocat. Ses notes étaient bonnes, mais malgré des heures de préparation, les résultats de son "test d’aptitude à l’école de droit", indispensable pour être admis, furent médiocres. Il eut des notes catastrophiques en grammaire. Aucune école de droit n’accepta sa candidature et il se sentit terriblement humilié.
Il abandonna son emploi à la "clinique de crise" en mai 1972 et fut embauché à l’hôpital psychiatrique Harborview de Seattle grâce à une bourse fédérale. Il y soignait les patients qui vivaient chez eux, mais venaient passer quelques heures à l’hôpital quotidiennement.
Il continua à cloisonner sa vie avec Meg Anders et eut une aventure avec une collègue de l’hôpital. Selon cette dernière, il était souvent froid et presque abusif avec ses patients. Il n’était pas un bon conseiller. On le soupçonna même d’appeler les patients la nuit, chez eux, pour les menacer et leur faire des avances sexuelles. Sa collègue raconta à un ami qu’un soir, alors qu’il faisait l’amour, Bundy avait pressé son avant-bras sur sa gorge pour l’étrangler et elle avait dû le repousser. C’était volontaire, il aurait pu la tuer, et ça l’avait terrifiée.
Chose curieuse, Bundy l’emmenait parfois faire de longues balades en voiture à travers les collines derrière le lac Sammamish. Il lui avait dit chercher la maison d’une tante, mais ne lui avait jamais décrit ni l’habitation, ni la tante... Ils utilisaient sa voiture à elle, pas la sienne. Bundy fit également des randonnées avec son cousin John dans la Taylor Moutain.

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MessageSujet: Re: Ted Bundy   Sam 9 Aoû - 15:09

eh beh tout ça!!! puré je me rends compte que je connaissais que dalle de sa vie Razz
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MessageSujet: Re: Ted Bundy   Sam 9 Aoû - 16:40

et j'ai encore plein de chose à vous mettre

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MessageSujet: Re: Ted Bundy   Sam 9 Aoû - 19:24

Bundy se sentait inutile, faible et impuissant à Harborview. Ses patients lui renvoyaient souvent une image de sa propre vie. Il en conclut que la psychologie ne servait à rien et ne pouvait guérir les gens.
A son grand soulagement, 1972 fut une nouvelle année électorale. Il rencontra des amis de la campagne d’Art Fletcher et, grâce à eux, il travailla dans la campagne de réélection du gouverneur républicain Dan Evans. Les jeunes femmes qui travaillèrent avec lui furent fascinées par son allure, ses coûteux vêtements et ses belles manières. Il flirta avec plusieurs d’entre elles. Il était toujours poli avec ses supérieurs et impressionnait certains vétérans de l’équipe du gouverneur par son dévouement et sa compréhension de la politique.
C’est cette image de Ted Bundy, le jeune homme intelligent et sympathique, que les gens ont gardée de lui.

Mais tout n’allait pas si bien et Meg Anders commençait sérieusement à s’interroger. Un jour, il menaça de "briser son putain de cou" si elle racontait qu’il était un voleur. Ce même soir, il vint chez elle pour prendre un pied-de-biche qu’il avait laissé sous un radiateur. Elle vit un gant chirurgical dépasser de sa poche.
Une autre nuit, elle s’était réveillée parce que Ted examinait son corps avec une lampe de poche sous les draps. Plus tard, il tenta de la convaincre de pratiquer la sodomie, ce qu’elle refusa catégoriquement. Elle l’avait parfois autorisé à l’attacher avant qu’ils fassent l’amour. Il utilisait ses collants et elle avait remarqué qu’il les avait trouvés immédiatement dans sa commode, sans qu’elle ait besoin de lui indiquer où ils étaient...
Toutefois, il pouvait aussi être gentil et tendre. Durant cette période, Meg Anders semble avoir été plus préoccupée par la possible perte de Ted à cause de ses amis républicains ou de ses conquêtes, plutôt que par l’altération de son comportement.

Après l’élection, Bundy tenta de nouveau d’être admis dans une école de droit. Cette fois, il y parvint : il avait joint à sa candidature une lettre du gouverneur Evans et une critique de ses derniers tests comme étant "inappropriés". Il fut accepté à l’école de droit de l’université de l’Utah pour la rentrée de septembre 1973.
Avec l’aide d’amis républicains, il trouva un emploi au département judiciaire du comté de King. Il devait étudier la récidive parmi les personnes reconnues coupables de délits mineurs dans les cours de justice du comté. Il eut accès à tous les dossiers, les rapports de police, les décisions des juges. Durant des semaines, il lut des milliers et des milliers de rapports d’arrestations, notant avec intérêt à quel point était mauvaise la coopération et la coordination entre les différentes polices et les diverses juridictions judiciaires. Il fut étonné de trouver des rapports montrant que certaines arrestations n’avaient jamais abouti à un procès. Des criminels ayant été arrêtés plusieurs dizaines de fois passaient malgré tout entre les mailles du filet.

En mai 1973, il alla travailler à Olympia pour Ross Davis, le nouveau dirigeant du comité central républicain de l’état du Washington. Durant l’été, il rencontra Marlin et Sheila Vortman, qui avaient participé à la campagne d’Art Flecher. Marlin étudiait le droit et persuada Bundy de s’inscrire à la nouvelle école de Droit de l’université de Puget Sound afin de rester dans l’état du Washington. Selon Marlin, cette école lui permettrait de rencontrer des hommes de loi locaux et conviendrait mieux à un homme ayant des ambitions politiques. Bundy passa le concours et fut accepté à l’école de droit où il s’inscrivit pour les cours du soir. Plutôt que de faire savoir à l’université de l’Utah qu’il avait changé d’avis, il inventa une histoire d’accident de voiture.
Bundy exclut presque totalement Meg Anders de cette partie de sa vie. Davis ne savait même pas qu’elle existait et Meg n’appréciait pas les Vortman car elle pensait, avec raison, qu’ils avaient plus d’influence qu’elle sur les décisions de Bundy.

En juillet 1973, lors d’un voyage d’affaires à San Francisco avec des membres du parti républicain, Bundy tomba sur... Stephanie Brooks. Elle fut abasourdie par la transformation de son ex-petit ami. Il était bien plus mûr et sûr de lui que le Bundy de 1968. Ils étaient restés en contact, s’appelant de temps à autre, mais elle réalisait seulement à quel point il avait changé. Il possédait une sorte de magnétisme et il agissait différemment. Même son apparence physique s’était modifiée.
Bundy réalisait un fantasme. Il avait patiemment créé son apparence extérieure pour qu’elle convienne aux attentes de Stephanie et il parvint à la convaincre qu’il avait également changé à l’intérieur. Il s’en persuada lui-même, à tort.
Il revint à Seattle avec le nouveau numéro de téléphone de Stephanie en poche.

À la fin de l’été 1973, il acheta une nouvelle voiture, une coccinelle 1968 couleur bronze et commença son année à l’université avec de grands espoirs.

Ni Meg, ni Stephanie, ni sa famille, ni ses amis ne s’aperçurent du fait que Bundy essuya immédiatement un échec complet à l’école de droit. Huit ans après sa première inscription à l’université de Puget Sound, il s’attendait à trouver des gens travailleurs et exigeants comme lui. Mais il ne rencontra que des jeunes plus ou moins débraillés et peu motivés.
L’école de droit n’était pas non plus la citadelle recouverte de lierre à laquelle il s’attendait ; c’était une petite école hébergée temporairement dans un bâtiment officiel anonyme de Tacoma. Bundy fut scandalisé. Il ne se formalisait pas de subsister grâce à des aides du chômage, mais il avait l’impression que cette école "de seconde classe" était une humiliation pour lui. Strictement figé sur cette image et émotionnellement incapable d’avoir une vue plus générale de sa situation, il ne fit pas beaucoup d’efforts. Il se retrouva rapidement dernier de la classe, incapable de comprendre ce que ses professeurs tentaient de lui enseigner. Il répétait son désastre des études chinoises de 1967.
L’automne et l’hiver 1973 furent une période douloureuse pour lui. En décembre 1973, il se réinscrivit secrètement à l’université de droit de l’Utah.

Peu avant Noël 1973, Bundy se retrouva seul. Meg Anders était partie voir sa famille et il ne l’avait pas accompagnée. Il appela Stephanie Brooks, qui décida de passer les vacances avec lui dans l’état du Washington. Il ne lui avait jamais parlé de Meg Anders et elle ne savait finalement pas grand-chose du "nouveau Ted". Comme Marlin et Sheila Vortman étaient à Hawaï, Bundy passa une semaine chez eux avec Stephanie. Il parvint si bien à jouer l’homme parfait que Stephanie Brooks retomba amoureuse de lui et commença à parler mariage. Il la manipula comme il avait souvent manipulé Meg. Stephanie repartit en Californie en pensant qu’ils allaient bientôt se fiancer.
La faculté de Ted à compartimenter sa vie avait de nouveau fonctionné. Il alla directement chez Meg après avoir laissé Stephanie à l’aéroport.
Mais Bundy ne rappela pas Stephanie, comme si soudainement, il ne s’intéressait plus à elle. Il espérait qu’en ignorant la situation, elle s’arrangerait d’elle-même, que Stephanie Brooks l’oublierait et le laisserait tranquille.

Crimes et Chatiments

L’après-midi du 4 janvier 1974, les amies de Joni Lenz (parfois appelée Sharon Clarke, peut-être un pseudonyme), qui ne l’avaient pas vue de toute la matinée, frappèrent à la porte de sa chambre, dans une maison qu’elle partageait avec d’autres étudiantes. Elle était allongée sur son lit, couverte de sang. L’un des barreaux du lit avait été arraché. Son agresseur l’avait violemment frappée à la tête et avait sauvagement enfoncé le barreau en elle, provoquant une hémorragie interne.
Elle fut conduite à l’hôpital et resta un moment dans le coma, souffrant de lésions cérébrales et internes qui allaient l’affecter pour le restant de ses jours. Joni Lenz fut l’une des rares victimes ayant survécu à une agression de Ted Bundy. Elle sortit du coma au bout d’une semaine, mais fut malheureusement incapable de fournir le moindre renseignement aux enquêteurs.

Lorsque Lynda Ann Healy, une étudiante de 21 ans, ne vint ni travailler ni déjeuner le 31 janvier 1974, ses amis et sa famille s’inquiétèrent. Ses parents appelèrent immédiatement la police. Les enquêteurs fouillèrent la chambre de Lynda Ann et tirèrent les draps du lit : le matelas était imbibé de sang. Ils découvrirent également une chemise de nuit tachée de sang, accrochée dans la penderie. Mais il n’y avait aucun autre indice, aucune preuve qui aurait pu aider à savoir où était la jeune femme. Mais la manière d’agir de l’agresseur inquiéta les policiers : il aurait pu la violer et/ou la tuer sur place, mais il avait sûrement assommé Lynda, lui avait enlevé sa chemise de nuit, lui avait passé d’autres vêtements, avait refait le lit, et l’avait emmenée avec lui. Il avait pris tout son temps et avait agi avec beaucoup de sang-froid.

En février, Stéphanie Brooks appela Bundy pour lui demander pourquoi il ne l’avait pas recontactée. Il ne s’excusa pas, il n’offrit aucune explication. Dans sa colère, elle lui cria qu’elle ne voulait plus le revoir. Il répondit calmement que c’était exactement ce qu’il voulait et raccrocha. Il cessa tout contact avec elle.
Il s’était tout simplement vengé. Il l’avait rejetée comme elle l’avait rejeté. Stéphanie Brooks ne revit jamais Ted Bundy.

Bundy continua à suivre les cours de l’école de droit de Puget Sound. Il passait beaucoup de temps dans la librairie de l’école, mais pas pour y lire des ouvrages de droit. Il s’asseyait et rêvassait, fantasmait durant des heures. Il recommença à déprimer et à se renfermer sur lui-même. Il s’inventait des raisons compliquées qui expliqueraient l’écart entre son désir de réussir et la triste réalité, mais gardait ses sombres pensées secrètes. Il parvenait très bien à entretenir la supercherie.
Au printemps, il annonça qu’il s’était réinscrit à l’université d’Utah et expliqua qu’il irait à Salt Lake City à la rentrée 1974, au grand désespoir de Meg Anders.

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MessageSujet: Re: Ted Bundy   Sam 9 Aoû - 19:27

Durant le printemps et l’été 1974, sept jeunes étudiantes disparurent sans explication dans les états de Washington et d’Oregon :

- Donna Gail Manson, 19 ans, une excellente flûtiste quelque peu dépressive, disparut le 12 mars 1974 sur le campus d’Evergreen. Comme ses amis savaient qu’il lui arrivait de partir sans prévenir lors de ses accès de dépression, six jours passèrent avant que la police ne soit alertée.

- Susan Rancourt, 18 ans, jolie blonde, étudiante en biologie, était une bûcheuse et voulait payer ses études elle-même. Elle s’était rendue à un entretien d’embauche et allait retrouver des amis au cinéma, le 17 avril 1974 lorsqu’elle disparut sur le chemin.

- Robertha Kathleen Parks, 22 ans, étudiante en théologie, était déprimée. Elle venait de se séparer de son petit ami et son père avait eu une crise cardiaque. Elle disparut le 6 mai 1974, alors qu’elle allait rejoindre des amis de l’université de l’Oregon pour se changer les idées.

- Brenda Ball, 22 ans, était une jeune femme "libre". Elle aimait la musique et s’était rendue au bar de l’aéroport de Seattle, le 1er juin 1974 pour y écouter un groupe. Elle disparut après avoir discuté avec un jeune homme qui avait un bras dans un plâtre. Comme il lui arrivait de voyager sur un coup de tête, ses amis ne s’inquiétèrent que 19 jours après sa disparition.

- Georgann Hawkins, 18 ans, une excellente étudiante de l’université de Washington, était sortie s’amuser avec des amies. En revenant à son dortoir, elle voulut souhaiter une bonne nuit à son petit ami. Elle disparut le 10 juin 1974, sur le chemin entre les deux résidences.

- Janice Ott, jolie blonde de 23 ans, était officier de probation pour le service des mineurs du comté de King. Elle était mariée depuis 1 an et demi, mais son mari vivait en Californie. Il lui manquait et, pour se changer les idées, elle était allée se promener dans le parc du lac Sammamish le 14 juillet 1974. Elle disparut après avoir parlé à un jeune homme portant un plâtre.

- Denise Naslund, 19 ans, étudiante en informatique, s’était elle aussi rendue au parc du lac Sammamish le 14 juillet 1974 pour y manger des hot-dogs avec son petit ami. Elle alla aux toilettes et ne revint jamais.

Toutes ces jeunes femmes étaient toutes blanches, minces, célibataires, portaient un pantalon au moment de leur disparition, avaient des cheveux longs séparés par une raie au milieu, et avaient toutes disparues en fin d’après-midi ou le soir.

La police interrogea des étudiant(e)s du campus de l’université de Washington qui parlèrent d’un "jeune homme étrange" qu’ils avaient vu, portant un plâtre soit au bras soit à la jambe. Il semblait avoir du mal à porter ses livres et demandait aux jeunes femmes de l’aider. D’autres témoins, interrogés dans le parc du lac Sammamish, parlèrent d’un "jeune homme étrange" portant lui aussi un plâtre et qui avait demandé de l’aide pour attacher sa planche à voile sur le toit de sa voiture, une Coccinelle.
Au moment des disparitions, Meg Anders vit Bundy moins souvent. Un soir, il l’invita à dîner. Ils revinrent ensuite chez elle et là, Bundy insista pour enlever son porte-ski du toit de sa Coccinelle pour le remettre sur la voiture de Meg.

Alors que Bundy menait toujours une relation de couple avec Meg, il rencontra une autre femme, Carole Boone. Elle travaillait elle aussi pour le comité central républicain de Washington, venait de divorcer, élevait seule son fils et avait une relation difficile avec un homme désagréable. C’était une femme intelligente et dynamique qui avait du caractère. Elle trouva Bundy timide, digne et modéré. Ils sortirent ensemble, mais leur relation fut tout de suite amicale plus qu’amoureuse. Carole remarqua que la santé de Bundy se détériorait. En août, il perdit plusieurs kilos. Elle attribua cela à un excès de travail et de stress. Elle remarqua également que Meg Anders l’appelait souvent et qu’ils se disputaient.
Bundy et Meg traversaient une autre crise dans leur couple. Elle voulait qu’il s’engage envers elle avant de partir étudier dans l’Utah, car elle craignait que leur relation ne s’arrête lorsqu’il allait rencontrer de nouvelles personnes, de nouvelles femmes.
Elle avait découvert un sac de vêtements féminins dans son appartement et son ardeur sexuelle diminuait progressivement depuis le printemps. Son comportement changeant commençait à l’effrayer.

Le 6 septembre 1974, les corps de certaines des jeunes femmes disparues furent découverts à 3km à l’est du parc d’état du lac Sammamish, dans l’état de Washington. Les corps étaient en très mauvais état mais la police parvint à en identifier deux, ceux de Janice Ott et Denise Naslund.
Les dernières personnes qui avaient vu Janice Ott, un couple qui pique-niquait non loin d’elle, se rappelèrent d’un beau jeune homme portant un plâtre qui lui avait parlé. D’après ce qu’ils avaient compris, son nom était Ted et il avait du mal à attacher sa planche à voile sur le toit de sa voiture à cause de son bras cassé. Il avait demandé à Janice de l’aider et elle avait accepté.

Quant à Denise Naslund, elle passait l’après-midi avec son fiancé et des amis. Elle est partie aux toilettes et n’est jamais revenue. Ce jour-là, un beau jeune homme portant un plâtre avait demandé de l’aide à plusieurs jeunes femmes. Denise Naslund était une fille sympathique qui aurait sûrement aidé quelqu’un en difficulté.

Des témoins avaient vu un beau jeune homme brun à l’endroit où quasiment toutes les jeunes femmes avaient disparu et permirent d’établir un portrait-robot de celui qui se faisait appeler "Ted".

Ses collègues du comité républicain plaisantèrent au sujet de Bundy, le taquinant sur le fait qu’il ressemblait au portrait-robot et possédait une Volkswagen. Cela ne le fit pas franchement rire.

Quelques jours plus tard, Bundy fit ses bagages et partit pour Salt Lake City, dans l’Utah, où il devait commencer ses études de droit. Il trouva une chambre dans une maison d’étudiants et se fit de nouveaux amis. Deux d’entre eux étaient des missionnaires mormons, très présents dans l’Utah qui est considéré comme "leur" état. Bundy - qui était avait toujours allé à la messe avec sa mère - commença à s’intéresser à la doctrine des Mormons.
Il continua pourtant à vivre une double vie. Il s’impliqua beaucoup dans l’église mormone, mais ne mentionna jamais cette implication à ses amis du quartier où il habitait.

Le 2 octobre 1974, Nancy Wilcox, une majorette de 16 ans habitant dans l’Utah, s’était disputée avec ses parents et avait décidé de fuguer. Elle disparut alors qu’elle faisait du stop. On ne retrouva jamais son corps

Le 18 octobre 1974, la fille du shérif de Midvale (Utah), Melissa Smith, 17 ans, disparut alors qu’elle faisait elle aussi du stop pour se rendre à une soirée entre amis. Son corps fut découvert 9 jours plus tard dans le parc Summit. Elle avait été violée, étranglée et si violemment battue que son père ne put reconnaître son visage.

Lorsque Lynn Banks, une amie de Meg Anders, lut des articles sur le meurtre de Melissa Smith et vit le portrait-robot du suspect des meurtres précédents, elle pensa que Bundy devait être le tueur. Non seulement elle n’appréciait pas du tout Ted Bundy et ne lui faisait pas confiance, mais il ressemblait vraiment au portrait-robot du journal. Meg Anders reconnut que le portrait ressemblait beaucoup à Ted, mais elle refusa de croire que l’homme qu’elle aimait et avec qui elle vivait ait pu commettre des meurtres aussi horribles.
Mais elle se posait de plus en plus de questions sur lui. Elle avait découvert une hachette sous le siège passager de sa voiture. Un jour, elle avait fouillé sa chambre sans qu’il le sache et avait trouvé une petite boîte remplie de clés. Et il avait coupé ses cheveux bouclés après la parution du portrait-robot, ce qui avait totalement changé son apparence.

Restée seule, encore hésitante, Meg contacta la police à la fin de l’automne 1974, sur le conseil de son amie Lynn. Quatre autres personnes (dont Ann Rule) avaient déjà appelé les enquêteurs pour leur parler de Bundy. Le témoignage de Meg, comme les quatre autres, fut enregistré, classé et... oublié durant plusieurs années. La police était submergée d’appels et lorsqu’on leur parla de Bundy, un jeune homme "bien sous tout rapport", les enquêteurs préférèrent s’occuper de suspects plus inquiétants.

Le 31 octobre, jour d’Halloween, Laura Aime, 17 ans, une grande adolescente d’1m80, disparut à son tour. Elle venait de quitter une soirée et rentrait chez elle en faisant du stop. Son corps fut retrouvé un mois plus tard, le 27 novembre, dans les montagnes Wasatch, près d’une rivière.
Elle avait été frappée à la tête avec un pied-de-biche, puis violée. Les enquêteurs pensèrent qu’elle avait été tuée ailleurs, car il y avait très peu de sang à l’endroit où elle fut trouvée. Il n’y avait malheureusement aucun autre indice.

Les similarités entre les meurtres de Washington et de l’Oregon attirèrent l’attention des policiers de l’Utah, qui cherchaient le responsable de "leurs" trois meurtres. Les policiers des trois états se rencontrèrent pour échanger leurs informations. Ils convinrent que le même homme avait sans doute commis tous ces assassinats.

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MessageSujet: Re: Ted Bundy   Sam 9 Aoû - 20:09

je veux pas dire mais la meg... elle était bien c***...
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KarelleAlisha Alba
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MessageSujet: Re: Ted Bundy   Sam 9 Aoû - 20:23

il va y avoir plus c**** qu'elle!!!

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MessageSujet: Re: Ted Bundy   

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